Cette fois, ce sont des pantins qui s’invitent sur scène, à la suite de Germain, un jeune révolté alcoolique. Cet homme aurait-il été plus heureux en acceptant la stabilité souhaitée par les siens? Bruno propose d’y réfléchir au cœur d’un texte théâtral édité chez Chloé des Lys.


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«Quand on écrit du théâtre, ce qui est important ce sont les sens, ce que les mots vont raconter à plein corps», précise l’auteur de la pièce «Germain et les pantins». Animateur d’ateliers, Bruno Charrier s’est établi à Antoing. Son récent spectacle a été créé au Foyer culturel. Cette fois, c’est une suite de vingt-deux mouvements qui constitue le texte, en dialogues et monologues. On y découvre Germain aux prises avec un cauchemar. «Son histoire est dramatique, il est dans un inconfort permanent suite à ses révoltes, ses brisures, ses lâchetés. On a tous en nous une part de ce personnage, et lui, il est entier, sans concession.»

Solitaire, Germain décide d’appréhender les choses autrement, sans la fadeur ambiante à laquelle il est convié. Il s’invente des personnages qui auraient eu la vie qu’il n’a pas eue et donne la parole à son père, sa mère, une femme, un ami, un enfant. Ces marionnettes douées de présence gagnent-elles en liberté, en aisance de tous les jours? Le tourment les rattrape. Le désastre aussi. Les dialogues s’accrochent à une réalité crue, violente, déchirée. «Au théâtre, on peut être irrévérencieux par rapport à la langue, à la syntaxe, assure Bruno Charrier dont l’écriture est résolument turbulente. Comme un compositeur de jazz peut l’être avec la musique.La langue est une matière sonore, qui s’écoute.» "